Importance de l’utilisation des tissus humains dans la recherche

L’utilisation du tissu humain à des fins de recherche a gagné de l’importance dans l’avancement des connaissances, pour tester de nouvelles thérapies et méthodes de diagnostics et dans la compréhension des maladies. L’analyse d’un grand nombre d’échantillons et de données devient importante pour la puissance statistique de la recherche impliquée. Le tissu tumoral enlevé lors d’une intervention chirurgicale ou l’excédent de tissu prélevé lors d’un test diagnostique représente donc un outil de recherche de grande valeur. Le programme de mise en banque des tissus a permis aux chercheurs en oncologie d’avoir accès rapidement à ces échantillons biologiques.

Les banques au cœur de la recherche

La quête du savoir, en tant que projet humain, permet à la société de se développer, de s’améliorer. La recherche scientifique contribue au bien public, à la santé et au bien-être de la population. La production des connaissances scientifiques en santé relève de nombreuses disciplines. Les activités de recherche produisent des données à partir desquelles les chercheurs élaborent les connaissances scientifiques. La cueillette, la mise en ordre et la consultation de ces données sont vraisemblablement aussi anciennes que les activités de recherche elles-mêmes.

Les supports matériels de conservation des données ont évolué avec le temps, au fur et à mesure du développement des techniques et de la technologie. L’ensemble de la recherche est tributaire de la collecte et de la conservation organisée d’observations, de renseignements et de matériaux divers, incluant le matériel biologique. Bien que la conservation de certains types de matériel biologique ait toujours existé, des avancées scientifiques et technologiques à la fois récentes et considérables en ont largement étendu les possibilités. Toute recherche sur des tissus humains implique la création d’une banque.

Or, les banques de matériel biologique se multiplient et prennent une envergure sans précédent, que ce soit par la durée de la conservation, le nombre d’échantillons conservés, les diverses régions d’implantation des banques ou les enjeux financiers en cause. Par ailleurs, la convergence entre le développement de l’informatique et celui des méthodes de conservation de matériel biologique permet l’entreposage à grande échelle et la recherche de pointe sur les tissus humains.

Le recours aux banques de données et de matériel biologique présente un intérêt parce qu’il permet de dépasser largement la connaissance anecdotique offerte par un nombre restreint de renseignements ou de spécimens biologiques. Du point de vue scientifique, ce qui importe, c’est que l’on puisse rassembler des données ou des échantillons sur des centaines, sinon des milliers de personnes. L’analyse d’un grand nombre de données et d’échantillons augmente la puissance statistique et donc la validité des résultats de la recherche. Le couplage des données entre elles et avec le matériel biologique multiplie les moyens qui se trouvent à la disposition de la recherche et augmente les chances d’acquérir de nouvelles connaissances.

Par contre, cette possibilité de couplage amplifie les risques déjà existants de compromettre le respect de la vie privée et celui de l’autonomie personnelle. L’utilisation de banques de données et de matériel biologique se trouve au coeur des pratiques en matière de recherche. Conséquemment, l’utilisation des banques de données et de matériel biologique est indispensable au progrès scientifique. D’un autre côté, il est impératif que la recherche soit mise en oeuvre dans un contexte respectueux des personnes, quant à leur autonomie et quant à leur vie privée. Nous tâcherons donc d’élaborer une approche qui reconnaît les besoins légitimes des initiatives de recherche et qui appuie sa réflexion sur le respect des droits de toutes les personnes concernées.

 

Biomarqueurs et la médecine personnalisée

Nous entrons dans l’ère de la médecine personnalisée pour laquelle de nouveaux médicaments et des marqueurs spécifiques sont introduits parallèlement. L’application des technologies ‘’–omiques’’ à des modèles innovateurs de cancer et le développement de technologies à haut débit pour l’identification des cibles du cancer et pour le criblage d’inhibiteurs spécifiques révolutionnent la découverte et le développement de thérapies contre le cancer et de tests diagnostiques.

La clé est maintenant de lier le profilage des tumeurs en temps réel à des traitements spécifiques. Une génération additionnelle d’algorithmes basés sur le profilage de ces tumeurs conduiront à proposer des thérapies spécifiques pour chacun des patients.

La médecine personnalisée a été identifiée par le FRSQ et les IRSC en tant que secteur de développement stratégique et les deux organismes sont en cours de planification pour soutenir de grandes initiatives dans ce domaine, attestant de l’importance de ce concept émergeant dans le traitement du cancer.

Un des objectifs visés par le RRCancer est le développement d’une médecine personnalisée en identifiant les cibles thérapeutiques et les marqueurs de tumeurs grâce aux technologies génomiques, protéomiques et bioinformatiques. La caractérisation moléculaires de ces cancers avec des paramètres cliniques facilités par les activités des biobanques permettra d’approfondir notre

 

Responsables des biobanques :

  • Cancer du rein: Dr Jean-Baptiste Lattouf
  • Cancer de la prostate: Dr Fred Saad et Dre Anne-Marie Mes-Masson
  • Cancer de l'ovaire: Dre Anne-Marie Mes-Masson et Dre DIane Provencher
  • Cancer du sein: Dr Réjean Lapointe
  • Cancer du poumon: Dr Réjean Lapointe
  • Cancer hépatobiliaire: Dr Simon Turcotte